{"id":33,"date":"2025-08-24T12:36:47","date_gmt":"2025-08-24T12:36:47","guid":{"rendered":"https:\/\/malitarik.xyz\/?p=33"},"modified":"2025-08-24T12:36:47","modified_gmt":"2025-08-24T12:36:47","slug":"tombouctou-leldorado-saharien-et-son-heritage-de-savoir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/malitarik.xyz\/en\/tombouctou-leldorado-saharien-et-son-heritage-de-savoir\/","title":{"rendered":"Tombouctou : L\u2019Eldorado Saharien et son H\u00e9ritage de Savoir"},"content":{"rendered":"<p class=\"wp-block-paragraph\">Tombouctou, situ\u00e9e au Mali, est une ville l\u00e9gendaire nich\u00e9e aux confins du d\u00e9sert du Sahara et de la boucle du fleuve Niger, l\u00e0 o\u00f9 celui-ci se rapproche le plus des dunes. Cette position strat\u00e9gique, \u00e0 la charni\u00e8re entre l\u2019Afrique subsaharienne et le Maghreb, en a fait un carrefour historique pour le commerce, la culture et le savoir. La r\u00e9gion de Tombouctou s\u2019\u00e9tend sur une vaste zone d\u00e9sertique et sah\u00e9lienne, bord\u00e9e au nord par l\u2019Alg\u00e9rie, \u00e0 l\u2019ouest par la Mauritanie, et au sud par les r\u00e9gions maliennes de S\u00e9gou et Mopti. Son climat aride et sa proximit\u00e9 avec le fleuve Niger ont fa\u00e7onn\u00e9 son histoire et son identit\u00e9 unique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sur le plan ethnique, Tombouctou est un creuset de peuples et de cultures. Les trois groupes principaux sont les <strong>Songha\u00ef<\/strong>, majoritaires et dont la langue sert de v\u00e9hiculaire, les <strong>Touaregs<\/strong> (ou Kel Tamasheq), et les <strong>Arabes<\/strong>. Ces communaut\u00e9s, aux traditions nomades ou s\u00e9dentaires, coexistent depuis des si\u00e8cles et partagent une culture riche et m\u00e9tiss\u00e9e. D\u2019autres groupes, comme les Peuls et les Bambaras, sont \u00e9galement pr\u00e9sents dans la r\u00e9gion, contribuant \u00e0 la diversit\u00e9 ethnique et linguistique de la ville.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les langues parl\u00e9es refl\u00e8tent cette mosa\u00efque culturelle : le <strong>songha\u00ef<\/strong>, langue dominante, c\u00f4toie le <strong>tamasheq<\/strong> (langue des Touaregs), l\u2019arabe, le peul et le bambara. Le nom m\u00eame de Tombouctou trouve ses racines dans le tamasheq : \u00ab Tin Buqt \u00bb, qui signifie \u00ab le puits lointain \u00bb ou \u00ab le lieu de Bouctou \u00bb, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une gardienne de puits l\u00e9gendaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette diversit\u00e9 ethnique et linguistique, associ\u00e9e \u00e0 sa position g\u00e9ographique exceptionnelle, a fait de Tombouctou un lieu de rencontre et d\u2019\u00e9change, tant sur le plan commercial que spirituel et intellectuel. C\u2019est dans ce contexte que la ville a pu s\u2019\u00e9panouir comme l\u2019un des plus grands centres de savoir de l\u2019Afrique m\u00e9di\u00e9vale et pr\u00e9coloniale.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019Eldorado Saharien<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tombouctou, situ\u00e9e aux confins du d\u00e9sert du Sahara et de la boucle du fleuve Niger, a longtemps \u00e9t\u00e9 envelopp\u00e9e d\u2019un voile de myst\u00e8re et de l\u00e9gende. D\u00e8s le Moyen \u00c2ge, les r\u00e9cits des voyageurs arabes et des explorateurs europ\u00e9ens en firent une cit\u00e9 mythique, comparable \u00e0 El Dorado ou \u00e0 la Babylone antique. Les chroniques m\u00e9di\u00e9vales d\u00e9crivaient Tombouctou comme une ville o\u00f9 l\u2019or \u00e9tait aussi abondant que le sable, o\u00f9 les rues \u00e9taient pav\u00e9es de richesses et o\u00f9 les savants rivalisaient en \u00e9rudition. Cette r\u00e9putation, souvent exag\u00e9r\u00e9e par les r\u00e9cits des explorateurs qui n\u2019avaient jamais atteint la ville, a contribu\u00e9 \u00e0 forger le mythe d\u2019une cit\u00e9 fabuleuse, inaccessible et d\u2019une opulence in\u00e9gal\u00e9e. Les marchands arabes, comme Ibn Batt\u00fbta, qui visita la ville au XIVe si\u00e8cle, furent parmi les premiers \u00e0 d\u00e9crire sa prosp\u00e9rit\u00e9 : <em>\u00ab Tombouctou est une ville o\u00f9 l\u2019or est aussi commun que le sel dans d\u2019autres contr\u00e9es, et o\u00f9 les livres se vendent \u00e0 prix d\u2019or. \u00bb<\/em> Ces r\u00e9cits ont aliment\u00e9 l\u2019imaginaire collectif, faisant de Tombouctou un symbole de richesse et de savoir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La comparaison avec Duba\u00ef n\u2019est pas fortuite. Tout comme la cit\u00e9-\u00c9tat moderne, Tombouctou ne tirait pas sa fortune de ses propres ressources naturelles, mais de sa position strat\u00e9gique au carrefour des routes commerciales transsahariennes. Situ\u00e9e \u00e0 un point n\u00e9vralgique entre l\u2019Afrique subsaharienne et le monde m\u00e9diterran\u00e9en, elle \u00e9tait le c\u0153ur battant du commerce entre le nord et le sud du Sahara. Les caravanes, compos\u00e9es de milliers de chameaux, y convergeaient pour \u00e9changer des marchandises aussi vari\u00e9es que l\u2019or du Bambouk, le sel de Taoudenni, l\u2019ivoire, les esclaves, les \u00e9toffes pr\u00e9cieuses et les manuscrits. <em>\u00ab Le sel vient du nord, l\u2019or du sud, mais la parole de Dieu et les tr\u00e9sors de la sagesse ne se trouvent qu\u2019\u00e0 Tombouctou \u00bb<\/em>, r\u00e9sume un proverbe ouest-africain. Cette position g\u00e9ographique unique a fait de Tombouctou un hub \u00e9conomique incontournable, attirant marchands, savants et aventuriers de tout le monde connu.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au-del\u00e0 de sa richesse mat\u00e9rielle, Tombouctou \u00e9tait aussi un phare intellectuel. Les mosqu\u00e9es-universit\u00e9s, comme Sankor\u00e9, attiraient des \u00e9tudiants et des \u00e9rudits de tout le monde musulman. <em>\u00ab \u00c0 Tombouctou, un manuscrit pouvait co\u00fbter plus cher qu\u2019un esclave \u00bb<\/em>, rapportait Leo Africanus au XVIe si\u00e8cle. La ville \u00e9tait ainsi un lieu o\u00f9 le commerce et le savoir s\u2019entrem\u00ealaient, o\u00f9 les biblioth\u00e8ques priv\u00e9es et les \u00e9coles coraniques prosp\u00e9raient gr\u00e2ce aux revenus g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par le commerce. Les marchands ne se contentaient pas d\u2019accumuler des richesses ; ils investissaient massivement dans l\u2019\u00e9ducation, la construction de mosqu\u00e9es et le m\u00e9c\u00e9nat, cr\u00e9ant un \u00e9cosyst\u00e8me unique o\u00f9 l\u2019\u00e9conomie et la culture s\u2019enrichissaient mutuellement. Cette symbiose entre prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9conomique et \u00e9panouissement intellectuel a marqu\u00e9 l\u2019histoire de Tombouctou et en a fait un mod\u00e8le de civilisation.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le Moteur de la Prosp\u00e9rit\u00e9 : Le Commerce Transsaharien<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le commerce transsaharien \u00e9tait le poumon \u00e9conomique de Tombouctou. Les caravanes, parties int\u00e9grantes de la vie de la cit\u00e9, transportaient des marchandises sur des milliers de kilom\u00e8tres \u00e0 travers le d\u00e9sert. <em>\u00ab Une plaque de sel de 30 kg, transport\u00e9e de Taoudenni \u00e0 Tombouctou, pouvait se vendre l\u2019\u00e9quivalent de 450 grammes d\u2019or \u00bb<\/em>, rapportent les chroniques de l\u2019\u00e9poque. Ce commerce, organis\u00e9 autour de r\u00e9seaux sophistiqu\u00e9s, reposait sur un syst\u00e8me d\u2019\u00e9change complexe o\u00f9 chaque bien avait sa valeur : l\u2019or du sud \u00e9tait \u00e9chang\u00e9 contre le sel du nord, tandis que les manuscrits, les \u00e9toffes et les \u00e9pices circulaient dans les deux sens. Les marchands de Tombouctou, souvent issus de familles puissantes, contr\u00f4laient ces flux et en tiraient d\u2019\u00e9normes profits. La ville \u00e9tait ainsi devenue un centre n\u00e9vralgique o\u00f9 se croisaient les cultures, les langues et les savoirs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais Tombouctou ne se contentait pas d\u2019\u00eatre un simple march\u00e9. Une partie des richesses g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par le commerce \u00e9tait r\u00e9investie dans des activit\u00e9s intellectuelles et culturelles. <em>\u00ab Les marchands de Tombouctou ne th\u00e9saurisaient pas seulement l\u2019or, ils achetaient aussi des livres \u00bb<\/em>, note l\u2019historien Bruce Hall. Les savants, les copistes et les libraires formaient une classe sociale \u00e0 part enti\u00e8re, et le march\u00e9 des manuscrits \u00e9tait aussi lucratif que celui des \u00e9pices ou des m\u00e9taux pr\u00e9cieux. Les biblioth\u00e8ques priv\u00e9es se multipliaient, et les manuscrits, souvent orn\u00e9s d\u2019enluminures et de calligraphies, \u00e9taient des objets de luxe, collectionn\u00e9s par les \u00e9lites et \u00e9chang\u00e9s comme des tr\u00e9sors. <em>\u00ab \u00c0 Tombouctou, un seul manuscrit pouvait nourrir une famille pendant un an s\u2019il \u00e9tait vendu au bon acheteur \u00bb<\/em>, raconte une l\u00e9gende locale. Cette \u00e9conomie du savoir a permis \u00e0 la ville de devenir un centre intellectuel de premier plan, attirant des \u00e9rudits de Kano, de F\u00e8s et m\u00eame d\u2019Andalousie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le march\u00e9 de l\u2019intellect \u00e9tait tout aussi dynamique que celui des marchandises. Les \u00e9coles coraniques et les universit\u00e9s, comme Sankor\u00e9, attiraient des \u00e9tudiants venus de tout le monde musulman. <em>\u00ab Sankor\u00e9 \u00e9tait si r\u00e9put\u00e9e que des \u00e9tudiants venaient de loin pour y apprendre la th\u00e9ologie, le droit, la m\u00e9decine et les sciences \u00bb<\/em>, \u00e9crit l\u2019historien Djibril Tamsir Niane. Les manuscrits, produits localement ou import\u00e9s, \u00e9taient copi\u00e9s, annot\u00e9s et vendus, cr\u00e9ant une v\u00e9ritable industrie du livre. Les lettr\u00e9s de Tombouctou \u00e9taient respect\u00e9s et bien r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s, et leur travail contribuait \u00e0 diffuser les connaissances \u00e0 travers l\u2019Afrique de l\u2019Ouest. Ainsi, Tombouctou n\u2019\u00e9tait pas seulement une ville marchande, mais aussi un foyer de savoir, o\u00f9 le commerce et l\u2019\u00e9ducation formaient un cercle vertueux.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La Mosqu\u00e9e de Sankor\u00e9 : La Bourse et l\u2019Universit\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La mosqu\u00e9e-universit\u00e9 de Sankor\u00e9 est sans doute le symbole le plus \u00e9clatant de la symbiose entre richesse \u00e9conomique et rayonnement intellectuel \u00e0 Tombouctou. Fond\u00e9e au XVe si\u00e8cle, elle fut financ\u00e9e par des m\u00e9c\u00e8nes comme la riche marchande Moussa K\u00e2na, qui utilisa une partie de sa fortune pour soutenir l\u2019\u00e9ducation et la recherche. <em>\u00ab Sankor\u00e9 \u00e9tait si r\u00e9put\u00e9e que des \u00e9tudiants venaient de Kano, de F\u00e8s et m\u00eame d\u2019Andalousie pour y apprendre la th\u00e9ologie, le droit et la m\u00e9decine \u00bb<\/em>, \u00e9crit Djibril Tamsir Niane. La mosqu\u00e9e, avec sa vaste biblioth\u00e8que et ses salles de cours, \u00e9tait un lieu o\u00f9 se croisaient les savoirs et o\u00f9 se formaient les \u00e9lites intellectuelles de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest. Son architecture imposante, avec ses minarets et ses cours int\u00e9rieures, t\u00e9moignait de la prosp\u00e9rit\u00e9 de la ville et de son engagement en faveur du savoir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sankor\u00e9 n\u2019\u00e9tait pas une simple institution religieuse. Elle fonctionnait aussi comme une universit\u00e9, o\u00f9 l\u2019on enseignait non seulement le Coran, mais aussi les math\u00e9matiques, l\u2019astronomie, la m\u00e9decine et la philosophie. <em>\u00ab Un seul manuscrit pouvait co\u00fbter plus cher qu\u2019un esclave \u00bb<\/em>, rapportait Leo Africanus, soulignant la valeur accord\u00e9e au savoir dans cette cit\u00e9. Les \u00e9tudiants, venus de tout le monde musulman, y recevaient une \u00e9ducation compl\u00e8te, et les meilleurs d\u2019entre eux devenaient \u00e0 leur tour des enseignants ou des copistes. Les manuscrits produits \u00e0 Sankor\u00e9 \u00e9taient des \u0153uvres d\u2019art \u00e0 part enti\u00e8re, orn\u00e9es de calligraphies et d\u2019enluminures, et leur production \u00e9tait une activit\u00e9 \u00e9conomique majeure. <em>\u00ab \u00c0 Tombouctou, les livres \u00e9taient des tr\u00e9sors, et ceux qui les poss\u00e9daient \u00e9taient respect\u00e9s comme des princes \u00bb<\/em>, raconte une chronique de l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019influence de Sankor\u00e9 s\u2019\u00e9tendait bien au-del\u00e0 des fronti\u00e8res de Tombouctou. Les dipl\u00f4m\u00e9s de cette universit\u00e9 partaient enseigner dans tout le monde musulman, diffusant les connaissances acquises dans la cit\u00e9 des 333 saints. <em>\u00ab Les savants de Tombouctou \u00e9taient recherch\u00e9s dans tout le Sahel et au-del\u00e0 \u00bb<\/em>, note l\u2019historien Abdel Kader Ha\u00efdara. La mosqu\u00e9e-universit\u00e9 \u00e9tait ainsi un lieu de rencontre entre les cultures, o\u00f9 les id\u00e9es circulaient aussi librement que les marchandises. Elle incarnait l\u2019id\u00e9al de Tombouctou : une ville o\u00f9 le commerce et le savoir s\u2019unissaient pour cr\u00e9er une civilisation raffin\u00e9e et ouverte sur le monde. Son h\u00e9ritage perdure encore aujourd\u2019hui, \u00e0 travers les milliers de manuscrits qui ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9serv\u00e9s et qui t\u00e9moignent de l\u2019\u00e2ge d\u2019or de la cit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le D\u00e9clin et la Menace : Quand la Fortune se Tarit<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le d\u00e9clin de Tombouctou commen\u00e7a au XVIe si\u00e8cle, avec l\u2019essor des routes maritimes atlantiques. <em>\u00ab Tombouctou, autrefois reine du d\u00e9sert, devint une cit\u00e9 oubli\u00e9e des Europ\u00e9ens \u00bb<\/em>, note Heinrich Barth, explorateur allemand du XIXe si\u00e8cle. Les navires portugais, espagnols et hollandais contourn\u00e8rent le Sahara, \u00e9tablissant des routes commerciales directes entre l\u2019Europe et l\u2019Afrique de l\u2019Ouest. Ce changement g\u00e9opolitique marginalisa progressivement les caravanes transsahariennes et affaiblit l\u2019\u00e9conomie de Tombouctou. La ville, qui avait prosp\u00e9r\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 sa position centrale dans le commerce transsaharien, se retrouva peu \u00e0 peu isol\u00e9e et appauvrie. Les marchands se tourn\u00e8rent vers les c\u00f4tes, et les revenus qui avaient permis de financer les mosqu\u00e9es et les universit\u00e9s commenc\u00e8rent \u00e0 se tarir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au XXe si\u00e8cle, Tombouctou fit face \u00e0 de nouvelles menaces. Les conflits arm\u00e9s, le changement climatique et l\u2019ensablement des dunes mirent en p\u00e9ril son patrimoine architectural et intellectuel. <em>\u00ab En 2012, des biblioth\u00e9caires ont risqu\u00e9 leur vie pour sauver 350 000 manuscrits des mains des jihadistes \u00bb<\/em>, rappelle Shamil Jeppie, directeur du projet de conservation des manuscrits. Les groupes extr\u00e9mistes, qui occup\u00e8rent bri\u00e8vement la ville, mena\u00e7aient de d\u00e9truire ces tr\u00e9sors, symboles d\u2019un islam tol\u00e9rant et ouvert. Heureusement, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019intervention de courageux conservateurs, la majorit\u00e9 des manuscrits furent mis \u00e0 l\u2019abri et sauv\u00e9s de la destruction. <em>\u00ab Pr\u00e9server les manuscrits de Tombouctou, c\u2019est sauver une partie de l\u2019\u00e2me de l\u2019Afrique \u00bb<\/em>, d\u00e9clare Abdel Kader Ha\u00efdara, biblioth\u00e9caire et conservateur malien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aujourd\u2019hui, Tombouctou reste une ville vuln\u00e9rable. Le manque de financement pour la conservation des manuscrits, l\u2019instabilit\u00e9 politique et les effets du changement climatique continuent de peser sur son avenir. <em>\u00ab Tombouctou prouve que l\u2019or ne se mesure pas seulement en lingots, mais aussi en savoir \u00bb<\/em>, r\u00e9sume l\u2019UNESCO. Malgr\u00e9 les d\u00e9fis, des efforts sont d\u00e9ploy\u00e9s pour prot\u00e9ger et valoriser ce patrimoine unique. Des projets de num\u00e9risation et de restauration sont en cours, et des expositions internationales permettent de faire conna\u00eetre au monde entier la richesse culturelle de la cit\u00e9. Tombouctou, bien que fragilis\u00e9e, reste un symbole de r\u00e9silience et un rappel de l\u2019importance de pr\u00e9server le savoir pour les g\u00e9n\u00e9rations futures.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L\u2019H\u00e9ritage d\u2019un Mod\u00e8le : De la Richesse au Savoir<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019histoire de Tombouctou est une le\u00e7on d\u2019histoire \u00e0 plus d\u2019un titre. Elle montre comment la prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9conomique peut \u00eatre le terreau d\u2019un rayonnement intellectuel exceptionnel. <em>\u00ab Tombouctou prouve que l\u2019or ne se mesure pas seulement en lingots, mais aussi en savoir \u00bb<\/em>, r\u00e9sume l\u2019UNESCO. Pendant des si\u00e8cles, la ville a su transformer ses richesses commerciales en investissements culturels et \u00e9ducatifs, cr\u00e9ant un mod\u00e8le de civilisation o\u00f9 l\u2019\u00e9conomie et la culture s\u2019enrichissaient mutuellement. Cet h\u00e9ritage est aujourd\u2019hui menac\u00e9, mais il reste une source d\u2019inspiration pour les g\u00e9n\u00e9rations futures.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le d\u00e9clin de Tombouctou rappelle aussi les dangers de l\u2019oubli et de la n\u00e9gligence. <em>\u00ab Pr\u00e9server les manuscrits de Tombouctou, c\u2019est sauver une partie de l\u2019\u00e2me de l\u2019Afrique \u00bb<\/em>, d\u00e9clare Abdel Kader Ha\u00efdara. Les manuscrits, v\u00e9ritables tr\u00e9sors de l\u2019humanit\u00e9, t\u00e9moignent de l\u2019\u00e2ge d\u2019or de la cit\u00e9 et de son r\u00f4le dans la diffusion des savoirs \u00e0 travers l\u2019Afrique et au-del\u00e0. Ils sont un rappel de l\u2019importance de la culture et de l\u2019\u00e9ducation dans la construction d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 prosp\u00e8re et harmonieuse. <em>\u00ab Les savants de Tombouctou \u00e9taient recherch\u00e9s dans tout le Sahel et au-del\u00e0 \u00bb<\/em>, note l\u2019historien Abdel Kader Ha\u00efdara, soulignant l\u2019influence durable de la ville sur la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En conclusion, Tombouctou est bien plus qu\u2019une ville mythique du d\u00e9sert. Elle est un symbole de la capacit\u00e9 de l\u2019humanit\u00e9 \u00e0 allier commerce et savoir, richesse mat\u00e9rielle et \u00e9panouissement intellectuel. <em>\u00ab Tombouctou nous rappelle que la vraie prosp\u00e9rit\u00e9 ne se mesure pas seulement en or, mais aussi en livres, en id\u00e9es et en tol\u00e9rance \u00bb<\/em>. Son histoire est un appel \u00e0 pr\u00e9server ce patrimoine pour les g\u00e9n\u00e9rations futures, et \u00e0 tirer les le\u00e7ons d\u2019un pass\u00e9 o\u00f9 le commerce et la culture s\u2019unissaient pour cr\u00e9er une civilisation raffin\u00e9e et ouverte sur le monde.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tombouctou, situ\u00e9e au Mali, est une ville l\u00e9gendaire nich\u00e9e aux confins du d\u00e9sert du Sahara et de la boucle du fleuve Niger, l\u00e0 o\u00f9 celui-ci se rapproche le plus des dunes. Cette position strat\u00e9gique, \u00e0 la charni\u00e8re entre l\u2019Afrique subsaharienne et le Maghreb, en a fait un carrefour historique pour le commerce, la culture et [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"pagelayer_contact_templates":[],"_pagelayer_content":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-33","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/malitarik.xyz\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/33","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/malitarik.xyz\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/malitarik.xyz\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/malitarik.xyz\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/malitarik.xyz\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=33"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/malitarik.xyz\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/33\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":34,"href":"https:\/\/malitarik.xyz\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/33\/revisions\/34"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/malitarik.xyz\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=33"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/malitarik.xyz\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=33"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/malitarik.xyz\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=33"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}